Actualités expos et publications

17 Avril 2013, 18:38  -  #Nouveautés, #histoire, #expositions

Actualités expos et publications

Voici de nouvelles publications et expositions en lien avec différentes rubriques de ce blog. N'hésitez donc pas à cliquer sur les vignettes concernées, en voyageant si besoin d'une page à une autre !

Illustration : timbre Muse endormie, Brancusi, Phil@poste 2006.

EN ÉCHO AUX RUBRIQUES PAROLES HISTOIRES DE SPECTACLE ET COLLAGES DE PRÉVERT...

Pour ceux qui pensent que Prévert est un grand poète, un grand scénariste, un grand touche-à-tout, bref un artiste, ce signalement :
La parution de "Émile Savitry. Un récit photographique" éditions Gallimard. L'ouvrage présente les photographies de tournage du film inachevé de Carné "La fleur de l'âge" tourné à Belle-Ile-en-Mer, qui relate la révolte des colons de la Maison d’Éducation Surveillée implantée sur l'île. Les relations orageuses entre le cinéaste et le poète y sont contées. On y retrouve Anouk Aimée, Serge Reggiani etc. Emile Savitry, peintre, photographe était ami d'Aragon et de Brassaï
.
..." Pour chasser l'enfant pas besoin de permis
Tous les braves gens s'y sont mis
Qu'est-ce qui nage dans la nuit
C'est un enfant qui s'enfuit... "

Fleur de Lotus, 17 avril 2013

Suivez la flèche (rouge)

Pour les fondus du street-art, une exposition jusqu’au 15 juin 2013 à la galerie Caplain-Matignon, 29, avenue Matignon 75008 Paris. Vous serez en face des dernières œuvres réalisées par JEF AEROSOL, notamment celle qu’il a réalisée pendant le vernissage le 16 avril 2013 (Birkin-Gainsbourg).

http://www.galeriecaplain-matignon.com

EXPOSITION VERLAINE EMPRISONNÉ AU "MUSÉE DES LETTRES ET MANUSCRITS", A PARIS

Dépêchez-vous si vous êtes intéressés par l'écriture authentique du poète sur les chemins de sa vie au cours desquels la prison des murs a rejoint les prisons de l'âme. L'exposition Verlaine emprisonné a lieu jusqu'au 5 mai 2013 au "mlm", 222 boulevard Saint-Germain, Paris 7.

"Consacrée au coup de folie du poète Paul Verlaine qui tira sur son amant Arthur Rimbaud lors d'un séjour à Bruxelles, cette exposition présente les documents et éléments du dossier judiciaire, le manuscrit autographe original de Cellulairement et de nombreuses pièces." (livret de l'exposition)

Site internet : museedeslettres.fr

Actualités expos et publications

CHAISSAC-DUBUFFET

Nous avons déjà signalé ce lieu. « L’Adresse ». Boulevard de Vaugirard. À quelques encablures de la gare de Montparnasse. Les artistes du « Street-art » ont continué leurs routes, laissé les murs à Gaston Chaissac (1910-1964) et à Jean Dubuffet (1901-1985). Art brut en opposition à art culturel. Refus du professionnalisme de l’art. « L’art ne s’élabore pas ».

Pourquoi ces peintres récupérateurs de tous supports, cuir racine pierre tissu vaisselle os coquillage vieux outils… sont-ils exposés au Musée de La Poste ?

- Ils ont correspondu pendant 20 ans.

- L’écriture est intégrée à leurs compositions, et les éclaire d’un autre ton.

- Certaines missives sont lisibles dans des vitrines, d’autres affichées à même le mur, ou en écoute à différents points de la galerie.

Cocktail patchwork, colorés, touches de peinture touches d’écrit. Assemblages collages détournement, ils font feu de tous bois. Refusant toute école, épris de liberté dans les traits picturaux et dans les mots épistolaires, ils prônent la spontanéité contre tout académisme.

De 1962 à 1974, Dubuffet, avant la naissance du téléphone portable, crayonnait par automatisme, machinalement avec des stylos à billes, pendant ses conversations téléphoniques. En bleu. En rouge. Ce long cycle qu’il appellera « L’Hourloupe » (entourloupe hurler hululer loup Riquet La Houpe Le Horla) comprend dessins, peintures, panneaux et volumes dans l’espace.

Peintre ou écrivain ? Certainement des insoumis. Deux rebelles, qui ont permis aux êtres humains « indemnes de culture artistique, étrangers au professionnalisme de l’art » à des asociaux à des malades mentaux aux « irréguliers », de réaliser des productions artistiques.

Beau titre de l’exposition, jusqu’au 28 septembre 2013 :

« ENTRE PLUME ET PINCEAU »

Une lecture : Jean Dubuffet « ASPHYXIANTE CULTURE », publié en 1968 et réédité en mars 2011, Les Editions de Minuit. Et aussi : Correspondance Chaissac-Dubuffet réunie par D. Brunet et J.Rasle, Gallimard, collection Les cahiers de la NRF.

Fleur De Lotus, premier jour de l’été 2013

Retour sur les échanges épistolaires Chaissac-Dubuffet :

« J’avais trouvé votre préface bien mais c’était une illusion et en réalité elle est idiote, archi-idiote. Qu’avez-vous, retour du sahara, a vous rappeller de mon nom de ma production et surtout les critiques de l’école de paris.

À mon avis votre plume a assez été comme ça au service de l'art brut et elle mérite mieux que ça. Vous ne pouvez toute votre vie piétiner au carrefour art brut.

Bon courage Monsieur Dubuffet.

G, chaissac (16 mai 1947)

Cher monsieur Je suis très content que vous ayez une illusion avec ma préface, je suis très fier que vous avez l'opinion que je suis un bon ouvrier dans mon métier d'illusionniste (...) Donc je vous remercie de vos encouragements et je vais voir à changer un peu de disque pour l'art brut vu que c'est peut-être bien vrai que je radote un peu (...) et qu'il serait bien temps de parler un peu d'autre chose vu qu'on fatigue son monde à répéter toujours le même disque donc je vais voir à changer un peu maintenant ».

Salutations bien.

Dubuffet (mercredi 21 mai 1947)

Quelques lignes tirées de « Gaston Chaissac, Jean Dubuffet Correspondance (1946-1964) » Edition de D. Brunet et J. Rasle Cahiers de la NRF, Gallimard août 2013. Signalons aussi : « G. Chaissac Lettres 1944-1963 à Jean Paulhan" présenté Brunet et Rasle, Editions Claire Paulhan mai 2013.

(Les deux artistes se rencontrent par l'intermédiaire de Jean Paulhan).

D'un côté le fondateur, l’intello, théoricien de l'Art brut, Dubuffet, de l'autre Chaissac, fils de cordonnier, brut de décoffrage récupérateur de tout et de rien de fragments, à qui il donne une valeur picturale. Il apprend à écrire en écrivant plus de 30000 lettres, à l'orthographe et la syntaxe particulières, aux phrases entrelacées de ratures de dessins, un peu dans la tempête. À l’inverse chez Dubuffet tout est "propre", régulier, dactylographié. D'un côté le « cultivé », de l'autre « l'expérimentateur ». Ils se rejoignent sur leur conception de l'art.

Fleur de Lotus, jeudi 11 juillet 2013

Marc Bernard et Jean Paulhan

Correspondance 1928-1968

« Si les hommes s’entendaient parfaitement sur les choses, il n’y aurait pas d’écrivains »

L’Institut Mémoires de d’Édition Contemporaine (IMEC), conserve la correspondance de Jean Paulhan. En décembre 2013, 461 lettres entre Jean Paulhan et Marc Bernard sont publiées par les éditions Claire Paulhan. Ce volume est présenté, annoté par Christian Liger et Guillaume Louet.

Cette correspondance débute en 1928… Le directeur de La NRF (Nouvelle Revue Française) reçoit un manuscrit « Zig-Zag », d’un inconnu de 28 ans : Marc Bernard né 16 ans après Jean Paulhan. Elle s’achève à la mort de ce dernier en 1968. Malgré leurs divergences, une profonde amitié complice unie les deux Nîmois. Marc Bernard, orphelin, né dans une famille pauvre, a été surréaliste, syndicaliste, communiste, journaliste. Il a connu la guerre d’Espagne, a adhéré au groupe des écrivains prolétariens. Avec son amour Else Reichmann, il s'est caché dans le Limousin, où il a rencontré le photographe Izis. Il a reçu le prix Goncourt en 1942 (Pareils à des enfants).

À Madagascar où il a enseigné la philosophie, Jean Paulhan a été chercheur d’or… Spécialiste de la poésie malgache il a été professeur à l’école des langues orientales. Il a quitté la NRF en 1940. Dans la clandestinité, il a participé à la création des Lettres françaises. A rencontré Vercors, et n’a pas été arrêté, grâce à la protection de Drieu La Rochelle. Il a collaboré à la revue Les Temps modernes. Théoricien de l’écrit, critique littéraire, d’art… Il a publié de nombreux essais Braque, Chagall…

À travers leurs échanges, se croisent leurs vies quotidiennes, la création, la politique, des conseils, leurs rencontres Romain Rolland, Arland, Michaux, Gaston Gallimard, Aragon et tant d’autres.

« Mon petit Jean » répond à « mon petit Marc ».

Bernard à Paulhan 8 mars 1944

« Mon cher Jean,

Je relis ta lettre en riant d’un œil, en pleurant de l’autre.

La difficulté tenait à ceci, je crois, que le sujet des Voix m’a été donné ; Il a fallu que je fasse l’huître, avec la crainte de ne contenir aucune perle. Malgré tes réserves, qui sont graves, ta réponse m’apaise un peu. J’ai mieux dormi samedi. »

Paulhan à Bernard janvier 1965

« C’est terrible ces grands sujets. Il me semble que les gens modestes (comme nous) devraient se demander, avant de se lancer : « mais moi, qu’est-ce que je puis apporter de différent, que je sois seul à dire ? » Et n’en pas démordre ».

Fleur de Lotus 9 février 2014

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
F
Marc Bernard et Jean Paulhan<br /> Correspondance 1928-1968<br /> « Si les hommes s’entendaient parfaitement sur les choses, il n’y aurait pas d’écrivains »<br /> <br /> L’Institut Mémoires de d’Edition Contemporaine (IMEC), conserve la correspondance de Jean Paulhan. En décembre 2013, 461 lettres entre Jean Paulhan et Marc Bernard sont publiées par les éditions Claire Paulhan. Ce volume est présenté, annoté par Christian Liger et Guillaume Louet.<br /> Cette correspondance débute eu 1928… Le directeur de La NRF (Nouvelle Revue Française) reçoit un manuscrit « Zig-Zag », d’un inconnu de 28 ans : Marc Bernard né 16 ans après Jean Paulhan. Elle s’achève à la mort de ce dernier en 1968. Malgré leurs divergences, une profonde amitié complice unie les deux Nîmois. Marc Bernard, orphelin, né dans une famille pauvre, a été surréaliste, syndicaliste, communiste, journaliste. Il a connu la guerre d’Espagne, a adhéré au groupe des écrivains prolétariens. Avec son amour Else Reichmann, il se cache dans le Limousin, où il rencontre le photographe Izis. Il a reçu le prix Goncourt en 1942 (Pareils à des enfants). <br /> À Madagascar où il enseigne la philosophie, Jean Paulhan a été chercheur d’or… Spécialiste de la poésie malgache il est professeur à l’école des langues orientales. Il quitte la NRF en 1940. Dans la clandestinité, il participe à la création des Lettres françaises. Rencontre Vercors, et n’est pas arrêté, grâce à la protection de Drieu La Rochelle. Il collaborera à la revue Les temps modernes. Théoricien de l’écrit, critique littéraire, d’art… Il a publié de nombreux essais Braque, Chagall…<br /> À travers leurs échanges, se croissent leurs vies quotidiennes, la création, la politique, des conseils, leurs rencontres Romain Rolland, Arland, Michaux, Gaston Gallimard, Aragon et tant d’autres. <br /> « Mon petit Jean » répond à « mon petit Marc ».<br /> Bernard à Paulhan 8 mars 1944<br /> « Mon cher Jean, <br /> Je relis ta lettre en riant d’un œil, en pleurant de l’autre.<br /> La difficulté tenait à ceci, je crois, que le sujet des Voix m’a été donné ; Il a fallu que je fasse l’huître, avec la crainte de ne contenir aucune perle. Malgré tes réserves, qui sont graves, ta réponse m’apaise un peu. J’ai mieux dormi samedi. »<br /> Paulhan à Bernard janvier 1965<br /> « C’est terrible ces grands sujets. Il me semble que les gens modestes (comme nous) devraient se demander, avant de se lancer : « mais moi, qu’est-ce que je puis apporter de différent, que je sois seul à dire ? » Et n’en pas démordre ».<br /> <br /> Fleur de Lotus 9 février 2014
Répondre
F
Le premier tome de la correspondance entre Paul Morand et Jacques Chardonne vient de paraître. Tout semble opposer les deux hommes y compris l'écriture, l'attrait du sexe. Ils se rejoignent sur le plan idéologique: le passé collaborationniste, le racisme juif arabe &quot;PD&quot;, l'anticommunisime, la haine de la démocratie. Morand diplomate (futur académicien) est ambassadeur de Vichy. Chardonne, avec d'autres, fait plusieurs voyages dans le Reich.<br /> &quot;Nos lettres pourrait -être publié, en l'an 2000, sous le titre Après nous le déluge, non?&quot; disaient-ils. Gallimard aura attendu le 25 novembre 2013 pour le faire. Edition établie par Ph. Delpuech, préface de M. Deon.
Répondre
F
Beau livre aux éditions Textuel en partenariat avec le Musée des Lettres et des Manuscrits :<br /> &quot;Je n'ai rien à te dire sinon que je t'aime&quot; Correspondances amoureuses édition établie et commentée par Dominique Marny (octobre 2013)<br /> Bonaparte à... Musset à... Chopin à... A vous de trouver lecteur le ou la destinataire... Flaubert à... Drouet à... Zola... Apollinaire... Cocteau... Picabia... Puccini... Prevert... Saint-Ex... Jouhandeau... Cerdan à... et d'autres amoureux, amoureuses, de l'un de l'autre, de l'écriture!
Répondre
F
De passage en Limousin, et dans une des bibliothèques Briance-Combade, j'ai constaté que la bibliothécaire, Patricia, avait exposé certains ouvrages&quot;Correspondance&quot;. En voici une sélection:<br /> Apollinaire &quot;Lettres à Lou&quot; Gallimard 1969<br /> Jean Renoir &quot;Correspondance 1913-1978<br /> Les écrits d'Etty Hillesum 1941-1943 Seuil 2011<br /> Henry Miller &quot;Lettres à Anaïs Nin&quot; Stock 2007<br /> Truman Capote &quot;Un plaisir trop bref (lettres)&quot; 10-18 2007<br /> Balthus &quot;Correspondance amoureuse avec Antoinette de Watteville&quot; Buchet Chastel 1969<br /> Madame de Sévigné &quot;Lettres&quot; Flammarion<br /> &quot;Les plus belles lettres d'amour&quot; présentées par JF Delassus<br /> Veza et Elias Canetti &quot;Lettres à Georges&quot; Albin Michel 2009<br /> Lady Mary Wortley Montaigu &quot;Lettres d'ailleurs&quot; José Corti 1997
Répondre
F
La correspondance de Marcel Proust est abondante, gigantesque, comme son oeuvre. 21 volumes pratiquement introuvables en Europe...<br /> Quelques mots sur &quot;LETTRES A SA VOISINE&quot;, édition établie par E. Gaudry et J.-Y Tadié, Gallimard, 86 pages (2013).<br /> Tout aurait pu commencer comme une querelle de voisinage. Au dessus de l'appartement de l'écrivain habitent un dentiste américain et son épouse, les Williams. Ils font du bruit, entreprennent des travaux. Elle joue de la harpe. Il ne dort plus le jour. Et surprise Marcel Proust entretient une correspondance avec madame Williams transmise par Celeste Albaret la servante,ou acheminée par La Poste. C'est un négociateur hors pair, tout dans l'élégance, pour obtenir des aménagements d'horaires.<br /> &quot;Je suis forcé de sortir très malade et ne sais dans quel état je rentrerai! Or c'est demain dimanche, le jour qui d'habitude m'offre le contraire du repos hebdomadaire parce qu'on bat dans la courette contiguë à ma chambre, les tapis de votre appartement, avec une extrême violence. Puis-je pour demain demander grâce? Ou bien quand je ferai ma fumigation faire prévenir pour qu'on profite de ce moment-là. j'espère que vous ne me trouverez pas trop indiscret et mets à vos pieds mes respectueux hommages&quot;. Dans ces 26 lettres on apprend la bonne manière d'offrir des fleurs à une femme, que la position couchée sur un lit est bénéfique pour les reins donc pour le sommeil. On sent la présence de la guerre de 1914, ses obus,ses Cathédrales bombardées, ses blessures, la mort. La femme et l'auteur échange aussi sur &quot;Du côté de chez Swann&quot;. <br /> Avec ces lettres nous sommes dans la grand littérature, celle qui fait du bien à lire, qui vous nettoie, les yeux et l'esprit. Certaines missives sont encore plus &quot;proustiennes&quot; que &quot;La Recherche&quot;<br /> (Article De Jacques Drillon dans le numéro du 10 octobre 2013 du Nouvel Observateur).<br /> <br /> FDL 11 octobre 2013
Répondre