Garde la flamme !
La flamme postale, ou flamme philatélique, fait partie des oblitérations de la poste.
Jusqu’en 2007, date à laquelle a été décidée sa suppression en dehors de simples ondulations imprimées sur les timbres, elle apportait, en même temps que le courrier, une communication supplémentaire et caractéristique du lieu d'où l'expéditeur l'envoyait. Elle illustrait un événement ou un personnage local, ou une curiosité touristique.
La flamme a moins couramment fait l'objet d'une collection que le timbre, alors qu'en plus du témoignage ou de l'incitation à une découverte culturelle, elle était parfois d'une remarquable réalisation.
En voici quelques exemplaires...
Flamme de Saint-Amé (2004 et 2005) :
Saint-Amé est une commune d'environ 2000 habitants, située dans les Hautes-Vosges, entre Remiremont, Gérardmer (ne prononcez pas le "r" à la fin, mais prononcez "é") et La Bresse.
Elle est parfois surnommée "la cité du granit". Le travail de cette pierre très présente dans le massif vosgien a représenté une activité assez importante. On peut aujourd'hui regretter que, comme les scieries et les usines de textile, beaucoup de graniteries aient fermé.
Lorsque j'étais petite fille, mes parents nous emmenaient en vacances dans les Vosges, à Vagney, commune proche de Saint-Amé. Nous logions alors dans la maison d'un ancien maçon d'origine italienne, qu'il avait construite de ses propres mains. Juste à côté, se trouvait une graniterie.
C'était parfois épuisant pour nos tympans d'entendre en continu le bruit des machines que les ouvriers guidaient pour tailler et polir le granit. Mais çela faisait partie de la vie de la commune, et cela représentait des emplois. Parfois, les ouvriers nous faisaient signe, et nous invitaient à venir découvrir leur travail. Ils étaient visiblement fiers de leur métier, et contents d'en faire partager la connaissance. C'était à la fois un travail de force, de minutie et de patience.
Nous récupérions parfois de petites chutes de granit pour jouer. La pierre avait une si belle couleur, du rose pâle à l'anthracite, et le granit poli était si agréable au toucher... Par contre, dans la cour, les jours de pluie, il était recommandé de faire attention en posant le pied sur les morceaux de granit polis, très glissants. Les autres morceaux étaient moins dangereux.
Mais d'année en année, l'activité a diminué, et le nombre d'ouvriers a suivi. Et un jour, il n'y a plus eu de bruit : le granit avait disparu, les ouvriers étaient partis, et les bâtiments laissés à l'abandon. Tout est tombé en ruines, puis a été démonté. Que sont devenus les hommes qui nous avaient si gentiment montré leur savoir-faire ?
Sur la flamme de Saint-Amé, sur la droite, apparaît aussi une tradition aujourd'hui disparue, représentée uniquement lors de manifestations folkloriques : le schlittage, avec une sorte de traîneau qui s'appelle une schlitte.
La schlitte servait à descendre le bois (ou le foin). L'homme qui la conduisait s'aidait de rondins de bois disposés au sol tout au long de la pente pour freiner la course du traîneau. Mais il y a eu beaucoup d'accidents, parfois graves, voire mortels, l'homme se laissant parfois entraîner par le poids de la schlitte.
Vous pouvez voir une schlitte utilisée dans une scierie traditionnelle dans le film Les grandes Gueules, de Robert ENRICO (d'après Le Haut-Fer, roman de José GIOVANNI), tourné en 1965 à Vagney et dans les environs, avec Lino VENTURA, BOURVIL, Jess HAHN et Marie DUBOIS.
Volubilise, le 11 mai 2013
Flamme de Gérardmer (Vosges, 1988) :
Surnommée "la Perle des Vosges", la ville de Gérardmer se niche au cœur de la montagne, et s'inscrit dans le paysage de la Vallée des Lacs. On peut y pratiquer les sports de nature, d'hiver et d'été, et y trouver d'autres types de sensations dans les fauteuils du Festival International du Film Fantastique Fantastic'Arts.
L'imaginaire est d'ailleurs très présent dans la Vallée des Lacs, entre Roche du Diable et Fête des Jonquilles, puisque les légendes peuplent les rives et la forêt de sapins. La flamme de Gérardmer met en valeur la jonquille, qui perce à travers l'hiver, et donne lieu tous les deux ans en avril à la réalisation de chars figuratifs couverts de cette fleur solaire. Voici son histoire :
"Il était une fois une jeune fille, qui avait vécu un amour malheureux. Elle était très belle, et très triste. Elle vivait avec une fée, qui un jour voulut créer une fleur.
La fée imagina une fleur jaune et belle, qui se tournait vers le soleil. Mais elle n'était pas satisfaite : la fleur était trop droite, portait la tête haute, et semblait donc trop fière. Alors, la jeune amoureuse pleura et laissa tomber ses larmes dans le calice de la fleur, qui courba humblement la tête. Ainsi naquit la jonquille."
(légende recueillie lors d'une promenade à la Roche du Diable en 1988)
Volubilise, 12 mai 2013
Le site de Fantastic'Arts :
Flamme de Sens (Yonne)
Ma Ville...
Je me balade inlassablement
Sur ses promenades aux arbres charmants,
Ou dans ses bois environnants
Aux sentiers pédestres et chantants...
Ma ville...
Elle m'a vue pousser mon premier cri !
Elle m'a vue faire mes premiers pas dans la vie !
Mes premières joies et mes faiblesses,
Elle les a regardées avec tendresse...
Ma ville...
Toi qui as consolé mes petits et gros chagrins,
Toi qui, lorsque j'avais soif ou faim,
As posé sur moi un regard plein d'amour,
Tu enluminais de mille feux, pour moi, la vie de tous les jours...
Ma ville...
Tu m'as prise dans tes bras lourds de passions,
Pour le bébé que j'étais, tu étais pleine d'attention.
Et puis, je me suis séparée, pour un temps que je croyais éternel,
De ton affection maternelle.
Ma ville...
Cette île n'est plus un souvenir ;
Ces péniches, cette rivière, cette écluse sont réelles.
Je les vois, je les caresse avec un sourire ;
Ah oui, vraiment : ici, la vie est belle.
Je t'écris depuis le bois,
Sous le soleil et dans le vent,
Pour te dire que sous ton toit,
J'ai envie de rire éperdument.
Ma ville...
24 avril 1987
Pour ma ville, mon horizon
Volubilise ado
Pour un aperçu des musées de Sens, un site internet :
