Je veux faire de l'Art Postal ! Comment ?

par Volubilise  -  5 Janvier 2013, 09:55

L'Art Postal est la réalisation d'une création artistique qui voyage par la voie postale et intégre les contraintes de l'objet postal. Il peut s'agir d'un objet ou d'une enveloppe, support plus courant dans les concours et les expositions, parce que moins volumineux et plus facile à reproduire (en cartes, par exemple) et à protéger (sous verre, par exemple). L'ART POSTAL VOUS INVITE A JOUER EN TOUTE LIBERTE A L'INTERIEUR D'UN CADRE A RESPECTER.

Parmi toutes les techniques graphiques et plastiques imaginables, vous choisissez celles qui vont vous permettre de composer une oeuvre :

  • en intégrant un ou des timbres postaux (donc à un autre emplacement que l'habituel),

  • en prenant en compte leur thème, leur forme, leur(s) couleur(s),

  • en calligraphiant l'adresse du destinataire comme vous le souhaitez, avec une disposition différente,

  • ET en expédiant cette création.

Votre réalisation est un véritable objet postal, un vrai porteur de message, envoyé à un destinataire réel (cf notre article sur "l'Art Postal au quotidien"). Comme l'objet ou l'enveloppe d'Art Postal ne peut pas passer au tri automatique, il faut le présenter au guichetier d'un bureau de poste. Il est parfois nécessaire d'expliquer à celui-ci ce qu'est l'Art Postal et lui dire qu'il peut accepter l'objet sans prendre aucun risque.

Mais souvent, les professionnels de La Poste connaissent l'Art Postal, pratiqué dans cette entreprise (concours, expositions, publications...). Ils se montrent même souvent très contents de transmettre autre chose que des factures ou des relevés bancaires ! Vous pouvez simplement aider le guichetier à repérer tous les timbres utilisés pour qu'il les oblitère tous.

Les trois contraintes incontournables en Art Postal :

  • L'adresse doit être lisible.

  • Le timbre ne doit présenter aucune modification et doit apparaître entièrement.

  • La réalisation doit être envoyée par La Poste en respectant les tarifs et en faisant oblitérer tous les timbres. Si le tarif des timbres que vous avez utilisés n'est pas suffisant, demandez au guichetier d'ajouter et d'oblitérer une vignette ou des timbres à un endroit où ça ne gâche pas l'oeuvre (au dos, pour une enveloppe).

Vous n'avez plus qu'à vous lancer !!! Et si vous avez l'angoisse de l'enveloppe blanche, ne vous inquiétez pas, c'est normal. Commencez par aller voir des expositions, lire des ouvrages sur l'art, rencontrer des artistes, découvrir les timbres de collection à votre bureau de poste et sortir ceux qui attendent dans un tiroir de votre bureau, vous promener sur le site internet de La Poste, expérimenter des techniques graphiques et plastiques, tester des outils et matériaux (gouache, crayon, feutre, pastel à l'huile, crayon aquarellable, décopatch, gommette, récupération et découpage de catalogue ou magazine...)...

L'Art Postal présente l'avantage de pouvoir être pratiqué avec très peu de moyens, que l'on peut choisir de développer ou non. Un crayon, une enveloppe et un timbre peuvent suffire, auxquels on peut ajouter une très large palette d'outils et de matériaux en fonction de ses moyens et de ses préférences.

ALORS, N'HESITEZ PAS, FAITES-VOUS PLAISIR ET FAITES PLAISIR !

"Sur l'autel de la mode", Volubilise.

"Sur l'autel de la mode", Volubilise.

 ART POSTAL : CONNECTEE A TOI, A MOI, AUX POSTIERS 

 

Quand je commence ma composition, c’est à toi et à moi que je pense et, dans le quart de seconde qui suit, à des mains et à des regards que je ne connais pas, ceux des postiers qui vont acheminer mon courrier jusqu’à toi, mon destinataire.

Je sais pourquoi je t’écris : pour prendre de tes nouvelles, pour m’excuser de ne pas t’écrire plus souvent alors que tu es dans mes pensées, pour te féliciter, pour t’encourager, pour te faire un clin d’œil, pour te raconter un voyage, pour te dire mon affection, ma tendresse, mon envie de rire avec toi…

Je me demande comment représenter sur une surface plane, somme toute assez réduite, ce que je pense et ce que je ressens. Je médite sur ce que je veux dire, sur ce qui m’habite aujourd’hui, sur ce qu’il y a dans mon cœur et dans mon âme, sur ce que je viens de vivre, sur tout ce que je peux mettre en images, en couleurs, en écritures, pour te le faire partager. J’essaie d’imaginer ce que tu vis, ce que tu ressens, et me rappeler ce que tu m’as raconté de ton passé ancien ou récent, toi, là-bas, chez toi ou quelque part en voyage.

Des souvenirs, des teintes, des nuances, des sons, des mots, des musiques, des chansons, des paroles, des films, des lectures, des rencontres, des trains, des routes, des rêves… Au commencement, j’ai l’impression que je n’aurai pas assez d’idées, mais à partir de bribes de matériaux prélevés dans la mémoire de l’esprit et du cœur, je tire des fils. Ils finissent par se croiser, s’entremêler jusqu’à se nouer parfois, et s’effilocher en plein d’autres fils plus ténus mais tout aussi beaux, d’autres chemins de création.

Tout au long de cette méditation, de cet appel à l’inspiration, je fouille dans les papiers, les livres, les outils, les enveloppes, les timbres, les photographies… Je réfléchis à ce qui me manque et qu’il me faudra aller chercher, en librairie, en papeterie, sur l’internet, à la boutique philatéliste, à la poste…

Je pense à toi, à ce que tu aimes, à ce que tu n’aimes pas. Je vérifie ton adresse. Elle peut me donner des idées, à partir du nom de ta rue, de sa longueur, du nom de la ville… Si je connais ta couleur préférée, je peux m’en servir. Si j’ai en tête ta passion du cinéma, je peux imaginer l’enveloppe comme un écran, ou représenter des souvenirs sur une pellicule…

Un projet de création commence peu à peu à se dessiner dans mon esprit. Les idées se ramifient à l’infini, grâce à la méditation de départ, puis en commençant à réaliser l’œuvre. Le tri et l’organisation des idées, ce sont les mains qui vont les permettre. Vient un moment où je sens que pour progresser dans la construction de mon œuvre, il faut que je la commence par un bout.

Ce bout, comment fais-je pour le choisir ? Parmi tout ce que j’ai collecté mentalement (parfois listé sur un calepin pour tout garder en mémoire et pouvoir à nouveau méditer dessus par la suite) et matériellement, un ou deux éléments peuvent ressortir : image(s), couleur(s), bout de papier qui me plaît, timbre-poste…

Je choisis aussi mon support. Parfois, je choisis de ne pas choisir : je décide de prendre ce que j’ai à ma disposition en ce moment, et qu’il faut bien utiliser un jour, pour ne pas gaspiller. Il y a alors un défi supplémentaire : faire avec la contrainte d’un support qu’il va peut-être falloir commencer par modifier et adapter pour qu’il corresponde au projet de création que j’ai peu à peu mentalement esquissé.

J’ai tout le résultat de ma collecte devant moi et autour de moi, à portée de main. Il y en a partout, et j’aime ce bazar organisé, que je ne cesse de désorganiser et de réorganiser au fur et à mesure de la réalisation. Il y a du mouvement, du changement ; il y a de la vie.

Sous mes yeux, posé sur la table ou sur mes genoux, le support. Mes yeux parcourent tous les éléments à ma disposition. Ma main s’avance vers l’un d’eux, le soulève et l’amène au-dessus du support, jusqu’à un emplacement où elle le lâche, comme une grue apporte un morceau de maison. Du bout de l’index, je pousse par petites pichenettes le morceau de papier, le timbre ou le petit objet plat pour le placer plus à ma convenance. De l’autre main, parfois presque simultanément, je rapproche de ce premier élément une autre pièce du puzzle, ce puzzle qu’à la fois j’imagine et je reconstitue. Je la fais glisser sur le support de-ci, de-là, pour voir où elle serait le mieux.

Petit à petit, l’œuvre prend forme, au fil des choix, des renoncements à utiliser certains éléments, soit parce qu’ils ne trouvent pas une place harmonieuse et pertinente, soit parce qu’il y en a trop pour pouvoir les utiliser tous. Chacun aura au moins participé de la dynamique d’inspiration qui aura permis la réalisation, alimenté la réflexion et l’imagination. Je ne colle pas immédiatement. Je place d’abord tous les éléments.

Je ne me limite pas aux collages : je peux aussi dessiner, peindre, écrire, tamponner, calligraphier, en mêlant les techniques ou en en choisissant une seule. Tout dépend de ce que j’ai en stock, de mon envie du moment, et de l’apparence que je veux donner à ma composition. Je ne me restreins pas, quitte à prendre plus de temps que je ne le pensais si je rencontre des difficultés techniques.

C’est ça aussi, le jeu, avec l’art postal : se lancer des défis de réalisation, sur un support limité, avec des contraintes liées à la circulation de l’œuvre dans les services de La Poste : ne pas oublier surtout qu’il ne faut pas risquer de blesser un postier, et qu’il faut donc parfois renoncer à l’utilisation de certains matériaux, alors qu’ils seraient utilisables par exemple dans un tableau pour une exposition directe dans une galerie ou un musée.

Il faut aussi respecter un format répondant aux normes postales (la somme longueur + largeur + épaisseur ne doit pas être supérieure à 100 centimètres), oblitérer suffisamment l’envoi, et donc parfois réussir à intégrer plusieurs timbres de façon pertinente.

Lorsque je me penche sur toutes ces subtilités, je suis complètement absorbée par ce que je fais. J’oublie le temps qui passe, l’agitation éventuelle autour de moi. Je suis concentrée sur ce que je ressens et ce que j’ai envie de communiquer. Je me sens bien, mon esprit centré sur mon projet créatif, comme l’esprit de l’archer sur sa cible, ou celui du joueur d’échecs sur sa partie. C’est une méditation, où je construis un castel de couleurs comme on construit un château de cartes, pas à pas, posément, avec le suspense du résultat à chaque geste.

Lorsque je commence à percevoir une fatigue physique, des yeux notamment, tellement concentrés sur un petit espace de travail, je pose tout, et je regarde, de plus loin. Là enfin, je perçois vraiment la façon dont mon projet se crée. J’imagine aussitôt la suite, spontanément, ce qui me permettra à la séance suivante de reprendre l’acte de création en suivant le fil de ma pensée : je visualise mentalement la suite de ma démarche.

Un jour, vient un moment où je pense avoir fait le tour de ce que je souhaitais exprimer et des moyens que je pouvais utiliser. Pas besoin d'en faire, d'en mettre des tonnes : parfois être tout simple et très nu est suffisamment éloquent. Il n’est pas toujours facile de décider que l’œuvre est achevée. Alors que je sens qu’il serait bon d’arriver à la conclusion, j’ai parfois envie d’utiliser d’autres choses, ou d’ajouter un message, une nuance. Je dois alors me reculer un peu, même jusqu’à me lever et m’écarter de la table, pour observer ce que j’ai réalisé.

Alors je me dis que l’objet est à présent un tout, un entier postal, prêt à partir en voyage depuis des mains de postier ou de postière, ou une boîte à lettres. Il est temps de le laisser sécher ou s’aplatir une dernière fois. Un cliché ou un scan, et alea jacta est : je m’en remets totalement au savoir-faire et à la conscience professionnelle des employés de La Poste.

C’est avec un pincement au cœur mêlée à une certaine excitation que je t’expédie mon envoi d’art postal, entre crainte qu’il ne t’arrive pas et joie d’imaginer ton plaisir à sa réception… Et la surprise des postiers en le découvrant ! Guette le facteur, gentil destinataire, et n’oublie pas de me montrer à quoi ressemble l’œuvre au terme de son voyage artistique…

Volubilis, le 4 novembre 2018

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T
Je trouve cet art du timbre passionnant. Il faut que j'essaie vous m'avez donné envie de m'y mettre.<br /> Bonne continuation.<br /> Aline
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V
Merci beaucoup pour vos encouragements ! <br /> N'hésitez pas à engager la conversation sur ce sujet avec les guichetiers de votre bureau de poste. Ils sont souvent de bon conseil sur le choix des timbres.<br /> A bientôt.
F
Ces engrenages inconnus, d'où viennent-ils de quelle planète, où vont-ils? Vers l'infini ou dans les lignes d'une main bohème? Labourent-ils, les lignes de l'avenir? Je sens la morsure sucrée du soc qui trace la ligne d'écriture dans la paume. Quel destin réserve ces roues dentelées, sans but défini, à moins, si la météo le permet, celui de faire pousser les fleurs sauvageonnes? IIs me plaisent, m'entraînent, m'enivrent, tic tac tic tac, ces roulements Charlot des Temps Modernes, qui me font me lover, dans les tourments de la vie qui tourne qui tourne, manège manège blanc blancheur ma neige, ma neige qui tombe en rond... en rond...l e limonaire.Tout d'un coup, un briquet, une paire de lunette, une grille d'égout, et la mort qui fait tourner les chevaux de bois... Alors allez au cinéma admirer la fin l'inconnu du Nord-Express de monsieur Alfred Hitchcock. Baisers à quelque uns, façon suspense! Pour les autres la roue tourne...
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V
Que répondre, Fleur de Lotus, poète de ce blog ? Un moment de lecture comme l'entrée dans une ronde, un tourbillon de mots qui font la farandole, liés l'un à l'autre pour prendre vie comme la musique des manèges de chevaux de bois.<br /> Que faire, sinon la roue, pour étendre nos mots à la face du monde, dans une danse de paon qui chante les renaissances ?<br /> Merci, merci, merci, à l'infini, Fleur de Lotus.